En 2024, 86 % des entreprises françaises ayant tenté de recruter un spécialiste IT citent un manque de candidatures comme premier obstacle (INSEE, 2024) [1]. Pour un étudiant en BTS SIO, cette tension sur le marché représente une opportunité directe : chaque projet réalisé pendant la formation devient une preuve de compétence que les recruteurs veulent voir. Applications web, helpdesks, pare-feux, portfolios GitHub — voici cinq réalisations types du BTS SIO, les compétences techniques qu'elles démontrent et les raisons pour lesquelles elles pèsent plus lourd qu'un CV générique au moment de l'embauche.
5 projets concrets réalisés en BTS SIO (et ce qu'ils prouvent aux recruteurs)
Pourquoi les recruteurs IT scrutent vos réalisations avant votre diplôme
Le marché de l'emploi informatique en France reste classé en « tension extrême » depuis 2016, selon les indicateurs Dares et France Travail [1]. En 2023, l'indicateur de tension pour les ingénieurs informatiques atteignait 1,1 — soit le top 10 % des métiers les plus difficiles à pourvoir dans le pays. Côté techniciens, 64 % des employeurs anticipent des difficultés pour recruter [1]. Selon une étude de l'INSEE sur les recrutements dans le numérique
, environ 77 800 projets de recrutement ont été recensés dans le secteur numérique en 2024. Le World Economic Forum estime de son côté que 39 % des compétences clés du marché du travail vont changer d'ici 2030, et que 63 % des employeurs considèrent l'écart de compétences comme la première barrière à leur croissance (WEF, 2025) [2].
Un diplôme seul ne suffit plus dans ce paysage. Les responsables de recrutement tech font un premier tri rapide : un dépôt GitHub avec du code lisible et documenté, un projet déployé sur un serveur, une infrastructure réseau fonctionnelle racontent ce qu'un CV ne peut pas dire. Le référentiel du BTS SIO, mis à jour par l'arrêté du 8 juillet 2024, intègre cette réalité : les épreuves E4 et E5 évaluent les compétences à travers des situations professionnelles documentées dans un portfolio numérique obligatoire [3]. L'épreuve E5 porte à elle seule un coefficient 4. Les épreuves professionnelles représentent 55 % du barème total du diplôme.
Pour les lycéens en pleine réflexion sur Parcoursup, cette logique change la donne. Le BTS SIO n'est pas une formation théorique où l'on accumule des cours magistraux pendant deux ans. C'est un programme où l'on construit, déploie et documente des projets réels dès la première année. Et chacun de ces projets répond à une compétence précise que le marché recherche. Notre guide du BTS SIO en 2026 détaille le programme complet et les débouchés associés.
Un helpdesk GLPI pour piloter un parc de 200 postes
GLPI (Gestionnaire Libre de Parc Informatique) est un logiciel open source utilisé par des milliers d'entreprises, des PME aux collectivités territoriales. En BTS SIO option SISR, les étudiants déploient et configurent cette plateforme pour gérer un parc informatique fictif ou réel, notamment lorsqu'ils sont en alternance.
Le projet type suit un scénario précis. L'étudiant installe GLPI sur un serveur Linux (souvent Debian), le connecte au réseau local, puis configure les catégories de tickets d'incidents : panne matérielle, demande logicielle, problème réseau. Il crée des profils utilisateurs — Self-Service pour les employés, Technicien pour le support, Admin pour la supervision — et met en place un système de priorité automatique fondé sur l'urgence et l'impact déclarés. Les étudiants ajoutent régulièrement OCS Inventory pour automatiser l'inventaire du parc : chaque poste, imprimante ou switch est répertorié avec son numéro de série, sa configuration et son historique de maintenance.
Ce que ce projet prouve à un recruteur ? Trois compétences directement monnayables. D'abord, la capacité à administrer un système ITSM (IT Service Management), un outil présent dans la quasi-totalité des DSI françaises. Ensuite, la gestion des incidents selon les bonnes pratiques ITIL : priorisation, escalade, résolution documentée. Enfin, l'autonomie sur un environnement Linux serveur, depuis l'installation jusqu'à la mise en production. Un technicien support en début de carrière gagne entre 2 270 et 2 400 euros brut mensuels (Jedha, 2026) [4]. La maîtrise de GLPI avant même le diplôme raccourcit la période d'intégration en entreprise.
Une application web de gestion construite en PHP et MySQL
Côté SLAM (Solutions Logicielles et Applications Métiers), le projet phare reste le développement d'une application web complète. Les portfolios d'étudiants BTS SIO regorgent d'exemples : plateforme de réservation d'open space, outil de suivi des anciens élèves conforme au RGPD, gestionnaire de stock pour une PME. Le point commun entre tous ces projets : un CRUD (Create, Read, Update, Delete) connecté à une base de données relationnelle, avec authentification utilisateur et interface responsive.
La pile technique varie selon les promotions. PHP et MySQL restent les classiques du référentiel, mais les étudiants en alternance dans des ESN (Entreprises de Services du Numérique) travaillent de plus en plus avec des frameworks comme Laravel ou Symfony. Certains portfolios de la session 2025 montrent des projets réalisés en Python avec Flask, voire en JavaScript avec Node.js. Le choix du langage importe moins que la méthode : versioning sur Git, tests unitaires, déploiement sur un serveur distant, documentation du code source.
Ce type de projet dit au recruteur que le candidat sait produire du code fonctionnel et le livrer. Selon le baromètre Inop's publié par Le Monde Informatique, 43 % des entreprises du numérique peinent à trouver des profils en développement, test et intégration [5]. Un étudiant qui arrive en entretien avec un lien vers un dépôt GitHub contenant une application déployée et documentée dispose d'un avantage mesurable. Les recruteurs veulent voir la réflexion technique, les choix d'architecture, les compromis effectués. Le détail du parcours matière par matière du BTS SIO montre que cette compétence est travaillée dès le premier semestre.
Un pare-feu pfSense avec segmentation réseau et VPN
Le troisième projet typique du BTS SIO SISR touche à la cybersécurité. En France, 71 % des entreprises du numérique déclarent que la tension sur certains profils freine leur croissance (Le Monde Informatique, 2025) [5], et le cloud/DevOps associé à l'IA/Data représente les domaines les plus difficiles à pourvoir avec 49 % des recruteurs concernés. Les étudiants SISR configurent pfSense — une distribution FreeBSD open source qui fait office de pare-feu, routeur et serveur VPN — sur une machine virtuelle Hyper-V ou Proxmox.
Le scénario pédagogique reprend une problématique réelle : sécuriser le réseau d'une PME en segmentant les flux entre une zone LAN, une DMZ et un accès WAN. L'étudiant attribue les interfaces réseau, rédige les règles de filtrage (ACL), met en place un VPN site à site pour connecter deux agences et configure le NAT pour l'accès Internet. Le tout est documenté avec des captures d'écran et des schémas d'architecture réseau, comme l'exige la fiche d'engagement étudiant pour l'épreuve E5 [3].
Un recruteur en cybersécurité lira ce projet comme la preuve que le candidat comprend les principes de défense en profondeur : séparation des réseaux, filtrage des ports, chiffrement des communications. L'épreuve E6 du BTS SIO, dédiée à la cybersécurité avec un coefficient 4, évalue ces mêmes compétences : gestion des identités, cryptographie symétrique et asymétrique, pare-feux, systèmes IDS/IPS [6]. Un analyste SOC junior, premier poste accessible avec ce profil, démarre entre 2 800 et 3 600 euros brut par mois (Jedha, 2026) [4]. C'est la rémunération la plus élevée à la sortie du BTS SIO, toutes options confondues. Pour comparer les deux spécialisations, notre article SLAM ou SISR : 8 diplômés racontent
donne des témoignages du terrain.
Un portfolio personnel déployé sur GitHub Pages
Le portfolio numérique est devenu une obligation réglementaire du BTS SIO depuis la réforme de 2024. Son accessibilité en format électronique est « de la seule responsabilité du candidat », selon le texte officiel de l'arrêté publié au Journal officiel [7]. Les étudiants des deux options — SLAM et SISR — doivent présenter leurs situations professionnelles, leur tableau de compétences et leur parcours sur un site web personnel.
Beaucoup d'étudiants hébergent ce portfolio sur GitHub Pages, une solution gratuite qui prouve deux compétences en une : maîtrise de Git (versioning, branches, commits) et développement front-end (HTML, CSS, JavaScript). Les portfolios les plus aboutis de la session 2025 incluent des animations interactives, une navigation fluide et des liens vers les dépôts de code de chaque projet. Certains ajoutent un CV téléchargeable en PDF et une section de veille technologique.
Pour un recruteur, le portfolio est un double signal. Il montre la capacité du candidat à déployer un produit fini et accessible en ligne. Et il témoigne d'un sens de la communication professionnelle : savoir présenter son travail, documenter ses choix, rendre visible ce qui reste souvent caché dans un disque dur. L'APEC note une baisse de 8 % des embauches cadres en informatique en 2024, avec des processus de recrutement qui durent en moyenne 12 semaines [8]. Un portfolio bien construit raccourcit ce délai en donnant au recruteur les preuves qu'il cherche avant même l'entretien technique.
Une veille technologique structurée par flux RSS et curation
Le cinquième projet est souvent sous-estimé par les candidats, alors qu'il figure explicitement dans le bloc de compétences de l'épreuve E5 : « Organiser son développement professionnel » [3]. Les étudiants mettent en place un système de veille technologique — généralement via un agrégateur de flux RSS comme Feedly ou Inoreader — et documentent leur méthode de collecte, de tri et de restitution de l'information technique.
Le sujet de veille varie selon les intérêts de l'étudiant et les tendances du secteur. En 2025 et 2026, les thèmes les plus courants sont l'intelligence artificielle appliquée à la cybersécurité, l'adoption du cloud souverain en Europe et les nouvelles réglementations sur les données personnelles (RGPD, Data Act européen). L'étudiant ne se contente pas de lire : il synthétise, publie des articles de veille sur son portfolio et présente ses conclusions lors de l'épreuve orale devant le jury.
Ce projet signale au recruteur une qualité rare chez les profils juniors : la curiosité technique structurée. Le rapport Future of Jobs 2025 du World Economic Forum classe la curiosité et l'apprentissage continu parmi les dix compétences dont la demande augmente le plus vite à l'échelle mondiale [2]. Un candidat qui arrive en entretien avec une veille documentée, des sources identifiées et une opinion argumentée sur une tendance tech se distingue immédiatement des profils passifs. Pour décrocher une alternance où ces projets prennent vie en entreprise, consultez notre guide Comment trouver une entreprise pour son alternance en BTS SIO à Paris.
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Quels salaires et débouchés attendre après ces projets en 2026
Un diplôme de BTS SIO ouvre l'accès à un marché où près de 77 800 projets de recrutement dans le numérique ont été recensés en 2024 (INSEE, France Travail) [1]. Le salaire médian à l'embauche atteint 2 040 euros brut par mois, avec des variations selon l'option choisie : 2 115 euros pour les SLAM, 2 090 euros pour les SISR (Jedha, 2026) [4]. Les étudiants passés par l'alternance démarrent plus haut — 2 180 euros en médiane — que ceux issus de la voie scolaire à 2 050 euros [4].
| Profil | Salaire brut mensuel (début 2026) |
|---|---|
| Technicien support | 2 270 – 2 400 € |
| Développeur web junior | 2 500 – 3 200 € |
| Administrateur réseaux junior | 2 500 – 2 710 € |
| Analyste SOC junior (cybersécurité) | 2 800 – 3 600 € |
| Data Analyst junior | 2 500 – 3 300 € |
Les taux d'insertion confirment la solidité de ces débouchés. Parmi les apprentis de niveau BTS qui ne poursuivent pas d'études, 67 % occupent un emploi salarié six mois après leur sortie, et 60 % de ces emplois sont des CDI (Ministère de l'Éducation nationale) [9]. La poursuite en bac+3 — licence professionnelle ou bachelor — augmente la rémunération de 10 à 15 % et donne accès à des postes de pilotage de projets [4].
PST&B (Paris School of Technology & Business), située au 41 rue Chanzy dans le 11e arrondissement de Paris et membre du réseau Galileo Global Education, propose le BTS SIO en alternance selon un rythme de trois jours en entreprise et deux jours en école. Les étudiants peuvent ensuite poursuivre en Bachelor Data & IA, Bachelor Cybersécurité ou Mastère spécialisé. Le détail des parcours post-BTS est disponible dans notre comparatif Bachelor, emploi ou mastère : les 3 options après un BTS SIO.
FAQ
L'épreuve E5, intitulée « Support et mise à disposition de services informatiques », dure 20 minutes : 10 minutes d'exposé suivies de 10 minutes d'entretien avec le jury. Elle porte un coefficient 4. Le candidat présente une ou plusieurs activités réalisées en stage ou en alternance, documentées dans une fiche d'engagement étudiant. Les projets types incluent l'administration d'un helpdesk GLPI, le déploiement d'un serveur Linux ou la création d'un outil de gestion interne [3].
Oui, à condition qu'il soit documenté sur un portfolio numérique avec le code source accessible sur un dépôt GitHub ou GitLab. Les recruteurs valorisent les projets personnels qui montrent de l'initiative et de la progression technique. Trois à cinq projets bien documentés suffisent pour constituer un portfolio crédible lors des épreuves et des entretiens d'embauche.
L'option SISR est centrée sur les réseaux et l'administration système. Les étudiants SISR travaillent sur Cisco Packet Tracer, pfSense, Active Directory et des serveurs Linux. La programmation reste présente — scripts PowerShell, Bash — mais elle occupe une place secondaire par rapport à l'option SLAM, dédiée au développement logiciel [6].
Le salaire médian à la sortie est de 2 040 euros brut mensuels, soit environ 1 590 euros net. L'option SLAM offre un léger avantage à 2 115 euros contre 2 090 euros pour l'option SISR. Les postes en cybersécurité affichent les rémunérations les plus élevées, avec un analyste SOC junior entre 2 800 et 3 600 euros brut par mois (Jedha, 2026) [4].
Les statistiques du Ministère de l'Éducation nationale montrent que 67 % des apprentis de niveau BTS trouvent un emploi salarié six mois après leur diplôme, contre 41 % pour la voie scolaire seule. L'alternance apporte aussi un salaire de départ plus élevé : 2 180 euros brut en médiane, contre 2 050 euros pour la formation initiale classique [4][9].
Les ESN (Entreprises de Services du Numérique) sont les premiers recruteurs d'alternants en BTS SIO. LinkedIn recense plus de 1 000 offres pour des développeurs juniors en France, et Indeed en affiche plus de 1 700 en mars 2026. Notre guide détaille la méthode : Comment trouver une entreprise pour son alternance en BTS SIO à Paris.
Le BTS SIO est un diplôme national inscrit au RNCP niveau 5 (bac+2), délivré par le Ministère de l'Enseignement supérieur. La réforme du 8 juillet 2024 a actualisé le référentiel pour renforcer les compétences en cybersécurité et en gestion de projets. Les épreuves professionnelles représentent 55 % du barème total du diplôme [3][7].
- [1] https://www.insee.fr/fr/statistiques/8616805?sommaire=8616883
- [2] https://www.weforum.org/publications/the-future-of-jobs-report-2025/
- [3] https://coursbtssio.fr/blog/referentiel-2025-du-bts-sio-services-informatiques-aux-organisations-en-pdf
- [4] https://www.jedha.co/formation-analyse-donnee/quel-est-le-salaire-moyen-apres-un-bts-sio-en-2025
- [5] https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-la-penurie-en-profils-qualifies-s-accentue-dans-l-it-en-2025-97184.html
- [6] https://coursbtssio.fr/blog/epreuve-e5-du-bts-sio-sisr-slam-methodologie-et-corrige
- [7] https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049926463
- [8] https://alexsoyes.com/trouver-emploi-developpeur/
- [9] https://www.education.gouv.fr/insertion-professionnelle-des-lyceens-professionnels-de-niveau-cap-bts-deux-ans-apres-leur-sortie-d-378569