Retour sur le
match ChatGPT vs Raphaël Enthoven
chez PST&B

Retour sur le match ChatGPT vs Raphaël Enthoven chez PST&B
22.06.2023

Le Bac de Philo, un exercice trop difficile pour la révolution IA du moment

ChatGPT n'en finit pas de faire d'elle. Ses applications multiples et sa nouvelle version payante ChatGPT-4, encore plus performante, ravive la curiosité et parfois l'inquiétude du grand public face à ce que l'on identifie par abus de langage à de l'Intelligence Artificielle

Un évènement organisé au sein du campus de PST&B

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PST&B, école supérieure spécialiste du Digital et du Business, a souhaité aider le grand public à affiner sa compréhension de cet outil en organisant une "rencontre" entre ChatGPT et Raphaël Enthoven au sein de ses locaux le mercredi 14 juin 2023, jour de l'épreuve de philosophie du Baccalauréat

L'objectif ? Illustrer le fait que, si la machine est capable de traiter des volumes de données colossaux afin d'en tirer des informations et de les trier pour produire une fiable et humain-like à une question, il lui manque toujours ce qui n'est pas programmable : une personnalité, un fil de pensée, la capacité de développer un raisonnement en fonction de ses propres référents.  

Le sujet du Baccalauréat : Le bonheur est-il affaire de raison ?

Afin de bénéficier du buzz nécessaire pour faire circuler l'information au maximum, PST&B s'est appuyée sur une occasion du calendrier : les épreuves du Bac et une personnalité médiatique bien connue et suivie du grand public : Raphaël Enthoven

Agrégé de philosophie, écrivain, essayiste et enseignant (mais aussi éditorialiste et animateur en radio et télévision), Raphaël Enthoven part évidemment grand gagnant de ce match qui est plutôt une expérience comme le rappelle Armand Derhy, directeur de PST&B :

Quand ChatGPT a "passé" le concours du barreau aux États-Unis, il est arrivé devant 90% des candidats. Mais en France, il n'y a pas encore eu de test de ce genre.

Préparation de ChatGPT en amont

ChatGPT n'est pas capable de comprendre le contexte d'une épreuve de philosophie.  Si on lui pose un sujet sur l'écran, le modèle de langage ne pourra qu'appliquer les différents systèmes qui établiront la composition d'une réponse potentiellement non adaptée. Encore que les mots "bonheur" et "raison" le conduirait peut-être sur un angle philosophique. 

La question/requête qu'on lui pose et la manière dont elle est posée sont donc très importantes. On appelle cela un prompt : en informatique, c'est en quelque sorte, la fonction que l'on demande au programme.

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Le prompt, créé par Mahdi Zargayouna et Frédéric Guez, suit une trame classique en 4 points : 

  1. La création d'un persona pour mettre l'IA dans le bon contexte. En l'occurrence, un professeur de philosophie (pour être à égalité avec Raphaël Enthoven). 
  2. Une consigne. Ici, rédiger une dissertation en y appliquant un style un peu littéraire (une des caractéristiques de l'adversaire). 
  3. Des étapes à suivre. Pour cette dissertation, on a précisé à ChatGPT de procéder en différentes parties qui présenteraient différents angles de vue. 
  4. L'objectif attendu. Le prompt spécifie clairement : "Assurez-vous que votre dissertation semble être écrite par un humain". 

Qui sont les arbitres du match ?

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Les correcteurs de l'épreuve sont : Eliette Abécassis, philosophe et membre du conseil d'orientation stratégique de PST&B et par Lev Fraenckel, enseignant de philosophie au lycée. 

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Le résultat du match ?

Le résultat de l'expérience est sans équivoque avec la note de 11/20 attribuée à ChatGPT et 20/20 à Raphaël Enthoven, pour lequel l'exercice est évidemment très facile. 

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Pourquoi l'humain l'emporte haut la main ?

Le postulat de départ de l'expérience est vérifié : ChatGPT est un modèle de langage, sa copie ne reflète donc pas une pensée originale qui tire parti de sa culture personnelle pour mener un raisonnement. 

La comparaison avec un humain, d'autant plus avec un philosophe agrégé comme Raphaël Enthoven, ne tient pas et prouve que l'intelligence artificielle au sens où l'on entend le mot "intelligence" est encore bien lointaine : qu'est-ce qui fait la pensée ? Le "supplément d'âme" évoqué par Armand Derhy.

Cette expérience est également une manière de faire comprendre aux étudiants, que si les programmes d'IA sont de bons outils, ils ne peuvent de substituer à l'exercice de leur raison !

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